Regarder autrement
Miksang signifie littéralement “regard bon” ou “œil pur” en tibétain.
Mais ce mot ne cherche pas à embellir : il invite à voir sans filtre,
à redevenir disponible à la réalité, telle qu’elle est.
Dans une société saturée d’images, de messages, de récits,
Miksang nous propose un retour radical :
celui d’un regard non fabriqué.
Sans intention esthétique.
Sans volonté de capturer.
Voir devient un acte d’écoute.
Un dépouillement.
Une ouverture à ce qui se présente.
Et parfois, dans ce silence du regard,
un fragment du monde s’offre à nous avec une netteté troublante.
« Voir clairement, c’est s’oublier. »
— Chögyam Trungpa
Expérimenter le Miksang
Ce n’est pas une méthode.
C’est une discipline intérieure.
Elle demande de ralentir.
D’accepter de ne rien produire pendant un moment.
De résister à la tentation d’interpréter.
C’est en acceptant de ne rien vouloir photographier
que surgit, parfois, une évidence visuelle.
Un détail du sol. Une ombre. Une fissure. Une trace.
Le monde devient vivant dans sa simplicité.
Non pas “intéressant”, mais présent.
La photographie qui en résulte n’est pas une œuvre.
C’est un témoignage silencieux d’une rencontre.
Inspiration sonore
Pour accompagner la pratique du Miksang :
🎵 Écouter “On the Nature of Daylight” – Max Richter
Invitation à une expérience photographique
Essayez ceci, lors de votre prochaine marche :
Marchez sans but. Sans chercher d’image.
Quand vous vous sens agité·e, ralentissez encore.
Posez votre regard sur les textures, les bords, les creux, les détails sans importance.
Quand une forme, une couleur ou un contraste vous arrête sans raison : restez.
Regardez, encore. Puis, seulement après, photographiez.
Et surtout… ne commentez pas. Ne jugez pas.
Laissez cette image vivre sa vie, hors de tout commentaire intérieur.
Pour aller plus loin :
→ Lire aussi :
Flânerie en ville – Sans but, pleinement là
Photographie contemplative, écouter avec les yeux
→ Découvrir la vidéo YouTube : Livre en vie – Lire en soi
→ Contempler des photographies à travers un jeu de cartes : les cartes harmoniques
→ Développer cet art de l’instant avec la méthode “photographier ce qui ne voit pas”
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